Mardi 7 août 2007

Chers lecteurs et lectrices,

Je vous propose ce poème d'une de nos membres. Sa réfléxion et sa recherche sont de nature à nous faire mieux connaitre le chemin gnostique des Bons Hommes et des Bonnes Femmes...Bonne lecture et à bientôt !

Faber, le Bâtisseur

 

La Citadelle fortifiée

Extrait de l'épisode 1 des "Réflexions" 

 

 

Tes remparts sont une citadelle fortifiée
dont les murs sont faits de tendresse,

Ton donjon est un valeureux guerrier
mais son épée est une fleur,

Tes bombardes sont puissantes
ses boulets sont des fruits délicieux,

Ton pont-levis est immense en bois de chêne
seulement on y danse dessus

Tes douves sont larges et bien remplies
d'un merveilleux nectar,

Tu es la Citadelle fortifiée...
Ton nom ? AMOUR ! 

...

 

 

O belle Citadelle du coeur, celle que chante tant de poètes,

 

 

des Troubadours à Trenet, de Baudelaire à Pagnol !

 

 

 

L`Amour qui fait vivre l'enfant de son coeur.

Evelyne de Montaigu

 

Par Faber - Publié dans : lo-r-ca-t
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Samedi 21 juillet 2007

Languedoc, Juillet 2007 (texte de S00998)

Le dualisme chez les chrétiens cathares

Sujet un peu particulier et toujours épineux, mais qui me tient beaucoup à cœur. Souvent accusés à tort de manichéisme et de dualisme absolu par leurs détracteurs, les cathares médiévaux en Languedoc étaient, qu’on se le dise, des chrétiens.

Afin de mieux appréhender la doctrine dite « cathare », commençons par mieux définir ces chrétiens du début du second millénaire.

Un « cathare », c’est avant tout un chrétien qui se rattache à la pratique simple, dépouillée, fraternelle, solidaire et spirituelle du Christianisme initial, du Nouveau Testament. Bref, ce sont avant tout des chercheurs, pour lesquels le Christianisme est une Voie Initiatique en ce sens qu’ils étudient avec soin, zèle et humilité l’enseignement du Christ.

Le vocable de « cathare » pour désigner ces Frères et Sœurs chrétiens ne provient pas d’un nom qu’ils s’étaient donné eux-mêmes, mais qu’on leur a attribué. En effet, ils se nommaient entre eux Bons-chrétiens, Amis de Dieu, ou simplement Chrétiens. Mais, ces modestes Bons Hommes et Bonnes Femmes ne faisant pas le jeu du pouvoir temporel que s’est octroyé l’église de Rome, furent déclarés hérétiques et persécutés, torturés, assassinés au nom de la toute puissante Eglise catholique. N’oublions pas qu’une croisade eut même lieu sur notre propre sol afin d’éliminer ces chercheurs. N’oublions pas non plus les ravages de l’Inquisition créée spécialement pour l’occasion.

Définissons maintenant la notion de dualisme absolu.

Il ne faut pas confondre la dualité, qui est partout et indéniable et le dualisme. La dualité homme/femme, jour/nuit, bien/mal etc.. etc.. est bien là. Le dualisme consiste à dégager deux « principes » ou deux « forces » à partir du constat de cette dualité. Le dualisme absolu pousse le raisonnement jusqu’à affirmer du monde matériel et tangible qu’il est l’œuvre du mal, du « prince de ce monde ». L’appesantissement des âmes jusqu’au monde physique serait alors une épreuve afin que chaque « Homme spirituel », fait à l’Image de Dieu (l’homme de chair  n’ayant rien à voir avec cette Image Divine), puisse par ses « passages » successifs sur la Terre rejoindre le Un, parvenir à la Bonne Fin.

            De là, les détracteurs du catharisme n’eurent aucune difficulté à accabler cette religion en accusant de tout et de n’importe quoi ces Chrétiens qui ne se sentaient pas de ce monde corrompu. La plupart des sources relatant du catharisme étant inquisitoriales, le trait est forcé sur ceux d’entre eux qui, poussés jusque dans leurs derniers retranchements, lorsqu’ils se voient donner la question ; vont jusqu’à sous-entendre l’existence de plusieurs « puissances » : le Dieu bon d’une part, et le démiurge créateur de ce monde d’autre part. Je ne rentrerai pas ici dans une exégèse que je ne saurai maîtriser, mais par leur connaissance du Livre, les cathares possédaient des arguments solides pour étayer leur propos. En effet, selon les traductions de la Genèse, n’est-il pas question d’une part de l’éternel El et des puissances créatrices sous le nom d’elohim (mot pluriel). L’histoire des cathares foisonne d’exemples de ce genre, d’interprétation différente des écritures entre religion du pouvoir temporel d’un côté et ésotérisme chrétien de l’autre. Cet apparent « dualisme » n’est peut-être après tout qu’une réponse au contexte d’un Moyen-Age peu tolérant et parfois même très violent. N’oublions pas que rien n’est figé dans le catharisme et que ces chercheurs s’adaptent dans la tolérance et dans le respect à ce que la société du moment  donne à penser.

Comme toute pratique non dogmatique, le catharisme pouvait être vécu de façon différente d’un endroit à l’autre ou d’un individu à l’autre. Ceci entraîne parfois de grandes différences d’interprétation des Ecritures, et c’est précisément sur quelques points de discordances entre différentes écoles ; que les détracteurs du catharisme vont s’appuyer pour « légitimer » leur tentative d’éradication de cette Religion. En effet, les cathares furent qualifiés de dualistes absolus ou de manichéens, du fait de quelques-uns de leurs « penseurs » comme Jean De Lugio et son livre des Deux Principes. Or, je vous laisse imaginer ce que cela pouvait donner ou ce que cela donnerait encore aujourd’hui, si l’on faisait l’amalgame de toute une population du fait de quelques extrémistes.

C’est pourquoi je pense qu’un cathare du XXIième siècle n’est pas nécessairement dualiste, bien qu’il tolère et respecte celui qui peut l’être, comme il tolère et respecte celui qui a cette idée en horreur.

D’un point de vue personnel, je ne me prétend pas cathare, mais je m’efforce d’étudier la Voie Initiatique que cette doctrine propose. Plus j’avance dans mes recherches, et plus je vois converger les « traditions » vers la « Tradition » : Le message est le même. Les cathares s’appuient pour une bonne partie sur l’Evangile de Jean et s’efforcent de pratiquer la Vertu pour eux-mêmes et pour leurs Frères et Sœurs.

« Al cap dels sèt cent ans, verdejara lo laurèl »

(Bélibaste 1309)

           

C’est à nous qu’il appartient de sauver le Laurier et de défendre la Liberté et la Vertu.

            (S00998)

Par S00998 - Publié dans : lo-r-ca-t
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Jeudi 5 juillet 2007

        Catharisme, Tradition et Modernité

 

     « Cependant ce n’est qu’une forme du Catharisme qui a été détruite. Il est dans son Essence aussi indestructible que l’aspiration des hommes à une société meilleure rénovée. Tout montre qu’il a reparu et reparaîtra sans cesse sous des formes nouvelles… » 

                                                         Déodat Roché, 1937 

 

 

 

Lorsque cet homme simple écrivait cette phrase en 1937, il ne se doutait pas que bien plus tard il serait catalogué parmi les « romantiques ». C’est ainsi que l’on désigne aujourd’hui ces premiers chercheurs du catharisme de la fin du 19ième et du début du 20ième siècle. Mais la réalité n’est elle pas toute autre ? Les historiographes « tatillons », comme les nomme Elizabeth Poulain, ne se préoccupent plus « d’humain » et encore moins de divin, trahissant peut-être une partie de leur formation : les sciences humaines.

Car il s’agit bien de cela : la Formation. Encore un mot qui subit les outrages du temps et tente difficilement de s’adapter. Former est un terme galvaudé de nos jours. Les entreprises forment leurs employés afin d’obtenir plus de rendement et d’argent, de résultats et de profits. Les partis politiques forment leurs lieutenants, dans le but d’obtenir le pouvoir à plus ou moins long terme. Les Eglises forment leurs fidèles avec plus ou moins d’intégrisme pour mieux contenir leur liberté individuelle et spirituelle. Mais le terme en lui même n’est-il pas à prendre avec plus de transcendance ? Il y a la « création » dans formation ; il y a l’action de construire une œuvre, qu’elle soit profane ou sacrée. En la matière, c’est à dire dans ce qui nous préoccupe dans cet article, l’Homme qui forme son être, l’Homme qui est parti tel le pèlerin sur le chemin de la connaissance, formera son corps et son âme à la connaissance de l’Esprit. Ainsi il pourra donner à la totalité de son Être la juste forme, et la juste destination qui lui convient. Nous parlons bien de « sacré ». La formation spirituelle de chacun est le fondement de notre capacité à nous améliorer. Elle passe par la découverte majeure de notre potentiel. Comment, aujourd’hui, faire connaissance avec celui-ci ? Déodat Roché écrivait à Noël 1946 : « Une Tradition transmise avec ferveur par nos poètes veut que le Midi se réveille après un sommeil de sept siècles. Le réveil d’un peuple qui s’est sacrifié à l’esprit doit être essentiellement une renaissance spirituelle. »

 En fait il s’agit de toute personne qui se pose les questions fondamentales. Qu’elle soit du midi ou du nord, de l’hémisphère sud ou de l’hémisphère nord. La spiritualité qui se rattache à la Tradition Humaine, sorte de fraternité adamique à travers les âges, nous montre le chemin à parcourir.

Eclaircissons donc ce mot : « Tradition ». Dans l’esprit de certains de nos contemporains il est emprunt de poussière, vieillerie, voire d’une fâcheuse tendance à la persévérance dans l’erreur. Une nouvelle fois les analogies que certains en font finissent par détruire ou du moins voiler le sens profond des mots. La Tradition, telle que nous la décrivions quelques phrases plus haut, est le plus pur chemin vers les Principes qui fondent toute vie sur notre Terre. A l’heure du développement durable il se trouve une poignée d’Hommes pour chercher comment nous allons rétablir des équilibres avec cette nature hostile et douce, cette carte à la fois Yin et Yang des éléments qui sont tout autant à l’extérieur qu’à l’intérieur de nous. Plusieurs mouvements ont porté cette recherche au travers des temps. Parce qu’il vient un temps où l’on s’organise. Certains ont dévié vers leur ego et leur soif de pouvoir. D’autres ont été mangés pour être mieux digérés et parfois renaître au grès du temps et de la réincarnation de la pensée positive. Parmi ces mouvements , le catharisme a été de ceux qui ont marqués le temps. Commençons par leur rendre les honneurs qui se doivent : nommons les par leurs noms ; plus de cathares mais des Bons Hommes et des Bonnes Femmes. Ils sont humbles, doux et simples. Ils portent une tradition millénaire que l’on nomme le christianisme pur mais qui vient de plus loin. Le zoroastrisme est passé par là, le Bouddhisme et les religions primordiales de l’Egypte sont prégnantes. Les grottes sont des lieux de rencontres et de vie des rites qui leur permettent de rapprocher et de se raccorder à l’Esprit. Ils vivent leur liberté spirituelle individuelle. Ils portent de tout leur cœur le projet de « convaincre, de se défendre et de se propager » uniquement par « l’amour, la sagesse et la vérité » de leurs êtres profonds. Car « descendus dans un monde mauvais, les Hommes devaient y transformer le mal en un plus grand bien par la patience et par l’amour ». Ces initiés, hommes ou femmes sur le chemin de la connaissance, comme ceux d’aujourd’hui, ont choisi ce combat « dans le désir de libération de l’individualité humaine » comme l’écrivait D.Roché. Voyez comme l’esprit de ces êtres peut vibrer aujourd’hui et « coller » étrangement à la modernité.

Notre monde assiste actuellement à cette ferveur farouche d’assurer sa liberté spirituelle. Il recherche au delà des églises établies. Il se perd parfois dans les mouvements sectaires, c’est à dire qui le coupent du monde au lieu de le ramener vers son être profond. L’Homme peut ainsi choisir de vivre dans le monde et sans être du monde. Il peut tourner le dos aux dogmes pour aller chercher sa propre liberté. Non seulement il nous faudra assurer cette liberté spirituelle dans les temps qui viennent, mais je suis convaincu que nous pourrons l’assumer ! La structure des églises et des évêchés cathares de l’époque moyenâgeuse n’était qu’administrative. La possibilité qui était donnée à tout un chacun d’assister au rituel, et pour les plus en recherche, de vivre en participant à l’initiation et la formation de leur être (par choix !), marque le caractère intérieur, individuel et de volonté de liberté spirituelle.

Alors devant tant de questions, de modernité et d’optimisme, comment ne pas souscrire à la phrase de Déodat Roché qui ouvrait cet article ? Car après tout il ne faudrait qu’une poignée de personnes, régulièrement initiées dans la tradition chrétienne libre, convaincues de leur unité dans la diversité, ayant suffisamment d’humilité pour ne pas se croire maître ou gourou de qui que ce soit, ayant avancées sur ce chemin et étant reconnues, par les leurs, comme frères et sœurs en esprit et en Tradition, poursuivant ce chemin avec zèle et persévérance dans le bien, dans l’amour fraternel, excluant la violence et prêchant la tolérance et l’amour, il suffirait d’une poignée de personnes de ce type disais-je pour que les rites symboliques (j’insiste sur ce mot sur lequel nous reviendrons dans un autre article) des bons hommes et des bonnes femmes soient à nouveau actifs pour le bien et le bonheur de ceux qui y participent. Ceux-ci vivront ainsi cet espoir d’une « société meilleure rénovée » en avançant sur leur propre chemin, en vivant la Foi, c’est à dire la fidélité à leur être dans le respect de chacun. Peut-être par utopie, peut-être par romantisme, je crois en cela profondément. Peut-être parce que j’ai vécu cela comme quelques uns de mes amis, frères et sœurs, je suis convaincu de la réactivation possible de ces rites symboliques. Dieu insiste auprès de ceux qui recherchent leur raison d’être, non pas afin qu’ils souscrivent à un ministère (il serait une erreur à mon goût de remettre en route église, secte ou parti) mais pour qu’ils prennent la voie de la Connaissance et du partage dans l’amour fraternel. Chacun aura ce chemin à réaliser, qu’il en soit selon sa volonté.

                           Faber, le bâtisseur 

 

Par Faber - Publié dans : lo-r-ca-t
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Mardi 2 janvier 2007

Qu'est-ce que le Catharisme ?

L'histoire et les encyclopédies ont retenu du Catharisme la partie émergente de l'iceberg. Si le petit Robert retient des Cathares la notion de secte manichéenne du moyen-âge, c'est que l'intérêt portait à ce type de travaux ne l'a été que par des détracteurs du catharisme. Est-il nécessaire de rappeler que le mot hérésie vient d'un mot grec signifiant "faire un choix" ?

Aujourd'hui les historiens et les archéologues nous permettent d'avoir un autre avis sur les cathares et sur le catharisme. En effet leurs recherches élargissent la définition du sujet de prédilection de ce blog. Ils déterminent le catharisme comme un christianisme pur, se rattachant ainsi à la Tradition chrétienne des origines. Jusqu'au concile de Nicée en 325, l'interprétation des textes et en particulier des évangiles, était le pain quotidien du chrétien. Nul doctrine ou dogme ne venaient établir d'alibi pour définir l'hérésie: le choix était la nature même du christianisme. D'ailleurs les différents épîtres que l'on trouve dans la Bible sont le reflet des recherches fondées sur les enseignements de Jésus.

Un grand chercheur du Catharisme, Monsieur Bertran de La Farge écrit d'ailleurs à ce sujet: " Les Cathares sont d'abord, tout simplement, ces chrétiens qui, de tous temps, en tous lieux et en toutes circonstances, se rattachèrent et se rattachent à la pratique simple, dépouillée, fraternelle, solidaire et spirituelle du Christianisme initial" (La Voie Cathare, diffusion Rosicrucienne). Les cathares, de toujours, ont considéré que la recherche permanente, la réflexion sur les textes qui relatent la vie de Jésus, en se tenant loin des dogmes et des violences, est le fondement de la construction de l'Être tel que le Principe Divin l'a voulu.

Ainsi nous pouvons rapidement nous rendre compte que le catharisme ne peut supporter qu'une église, quelle qu'elle soit, puisse avoir une supprématie ou un pouvoir quelconque sur qui que ce soit. Car enfin, peut-on croire, malgré les violences que les Hommes traversent au cours des siècles, que l'Homme peut ne plus avoir de coeur, d'âme, d'Esprit et de Vie ! "L'Evangile est toujours valide deux milles ans après" écrit Mr de La Farge. Oui, et la recherche se doit de continuer. Car si les cathares occitans sont bien morts dans leurs corps de chair il y a déjà quelques siècles, victimes de la violence et de la barbarie de quelques uns assoifés de pouvoir et de haine, nul ne peut tuer l'esprit.

En conclusion de ce premier article, il est important de rappeler que ceux  qui, de nos jours, se sentent portés par les même aspirations simples, de recherches actives permanentes, par la volonté de comprendre et de se connaître, eh, bien peuvent se dire "Chrétiens Cathares". Car après tout quel est le commandement qui nous a été transmis sur ce chemin de la connaissance de soi: "Je vous donne un commandement nouveau: aimez-vous les uns les autres ! Comme je vous ai aimés..." (Jean 13,34). Lors d'un prochain article nous vous donneront quelques clefs de compréhension de ce que sera ce blog. Nous vous expliqueront également les buts de LO.R.CA.T. En attendant nous souhaitons une excellente année 2007, riches en réflexions et en recherches de cet Amour, agapê, évoqué par Jean !

Par Faber - Publié dans : lo-r-ca-t
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